TASRIT - Tout sur le cinéma israélien !

25 septembre 2014

CUPCAKES, un film d'Ethan Fox (2013)

Synopsis: A Tel-Aviv, une bande d’amis décide de composer une chanson pour l’anniversaire de l’une d’entre eux. Amusé par le résultat, Ofer décide de la soumettre au comité de sélection d’un concours international dont il est fan. Contre toute attente, leur composition est choisie et le groupe est invité à l’interpréter lors de la compétition télévisuelle. Débute alors une aventure décalée et délicieusement colorée …

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Tu marcheras sur l’eauThe Bubble, Yossi et Jagger, autant de films qui ont fait connaitre et apprécier Ethan Fox au public français. Le réalisateur israélien revient en 2014 avec une comédie musicale colorée et féérique. L’histoire d’une bande de copines et de leur meilleur ami qui décident de participer à Universong, un concours de chansons européen (l'"Universong", avatar de notre Eurovision). Cupcakes est un film plein d'énergie, où les personnages apprennent à donner un sens à leur vie personnelle à travers leur expérience de la célébrité.

 

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Entretien avec Ethan Fox:

"Chacun des films que j'ai fais est personnel.Je traite habituellement d'histoires qui sont très proches de ma vie, avec des relations et des dynamiques que je connais parce que j'en ai fait l'expérience et que je les ai vécues. Ici, c'était le contraire. Cette histoire n'est pas aussi personnelle que les précédentes. Ce que je voulais vraiment faire, c'était une "pièce de genre", en même temps qu'une tranche de bonne humeur, qui me ferait plaisir tout en faisant plaisir au public.

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J'ai créé un groupe d'amis hétérogène, chacune possédant quelque chose de ma personnalité ou de ma vie. Pour Anat (Anat Waxman, le personnage plus âgé du groupe), j'ai pensé à ma mère, une merveilleuse  boulangère qui aimait faire des cupcakes, c'est de là que les petits gâteaux du film sont venus... Lorsque mon père l'a quittée, elle a mis beaucoup de temps à gérer cet abandon... Pour la Miss devenue avocate (Yael Bar-Zohar), un de mes amis a vécu la même chose... Pour chaque personnage, j'ai pensé à des femmes et des hommes que je connais. Et puis il y avait la notion de voisinage, ce sentiment de communauté qui existait partout en Israël dans les années 80' a presque disparu aujourd'hui - un immeuble d'appartements où tout le monde se connaît et où l'on regarde le concours de l'Eurovision tous ensemble en partageant le repas."

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Le réalisateur avait tous les acteurs en tête pour chaque rôle: " Ce sont tous des acteurs et musiciens confirmés et célèbres en Israël, mais ce qui m'importait était qu'ils aient l'air le moins professionnels possible, pour obtenir cette émotion, cette excitation de personnes qui sont totalement dépassées par ce qui leur arrive et se laissent emporter jusqu'à l'espoir d'une victoire internationale".

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"Je souhait que mon film apporte du bonheur aux gens, qu'il les rende optimistes. Qu'il leur donne le sentiment que les choses peuvent changer et avoir une fin heureuse".

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Comme beucoup d'Israéliens, Ethan Fox est fan de l'Eurovision, et des tubes des années 70' 80', qui ponctuent tout le film ("Laisse-moi t'aimer", "Tout, tout pour ma chérie", "Dancing Queen"). Le réalisateur prépare actuellement un biopic sur un chanteur franco-israélien qui fut une grande star internationale...

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Petit bonus spécial "french touch", l'acteur français Edouard Baer en maitre de cérémonie de la finale télévisée du concours. 

Biographie:

Né à New York le 21 août 1964, il a deux ans lorsque ses parents décident d’immigrer en Israël où il a grandi. Après avoir étudié le cinéma à la Tel Aviv Film School et servi dans l’armée, il fait ses grands débuts à la caméra en 1990 avec le moyen-métrage « Time Off » qui traite des problèmes d’identité sexuelle au sein de l’armée. Son premier grand film « Le chant de la sirène » (1994) dont l’histoire se déroule à Tel-Aviv sur fond de Première Guerre du Golf rencontra un fort succès dans son pays. Avec « Yossi & Jagger » (2002), il se tourne à nouveau vers le cinéma après avoir travaillé pour la télévision israélienne pendant rois ans. Quelques années plus tard, il dirigera le film « Tu marcheras sur l’eau » (2004) qui lui apportera une reconnaissance internationale ainsi que « The Bubble » (2006). Figure du cinéma israélien, Eytan Fox est un réalisateur qui ne laisse personne indifférent.

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« Cupcakes », un film d'Ethan Fox, avec Anat Waxman, Keren Berger, Ofer Shechter, Efrat Dor, Dana Ivgy et Yael Bar-ZoharSorti en France le 11 juin 2014. Ce film sera présenté, pour la seconde fois, au festival "Laissez-passer" du cinéma israélien de Carpentras (http://festival-laissez-passer.com/), présidé par Dominique Lafon, les 5, 8, 9 et 12 octobre 2014, au cinéma Rivoli, 46 avenue Victor Hugo, Carpentras, tel 04 90 60 51 11.

 

Par Sandrine Bendavid.

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10 octobre 2013

OFF WHITE LIES, un film de Maya Kenig (2009)

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Synopsis: Libby débarque à Tel Aviv pour retrouver son père qu’elle n’a pas vu depuis longtemps. C’est le début de la deuxième guerre du Liban et ils se retrouvent dans un abri anti bombardement. Afin de trouver un toit, ils se font passer pour des réfugiés du Nord et sont accueillis par une riche famille de Jérusalem.

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Entretien avec Maya Kenig :

Comment OFF WHITE LIES est-il né ?

 

Juste avant le début de la Seconde guerre du Liban, je suis devenue maman et, du coup, je me suis retrouvée à allaiter tout en regardant les infos à la télé. Les images étaient difficiles et déstabilisantes - comme c'est le cas de toutes les guerres - et c'est dans ce contexte qu'a eu lieu mon "baptême du feu" de la maternité, dans cette terre des extrêmes qu'est Israël. Un élément positif tranchait quand même parmi toutes les images atroces diffusées à la télé : Esther, originaire de Kiryat Shmona (la ville la plus bombardée d'Israël), était tranquillement installée dans la cuisine de Yaël, à Tel Aviv, en train de boire un café et de bavarder. Le présentateur a précisé que deux jours plus tôt, Esther et Yaël ne se connaissaient pas le moins du monde et qu'elles étaient désormais bonnes amies. Visiblement, Yaël et sa famille avaient offert l'hospitalité à Esther et à ses proches à cause de la guerre, si bien qu'au lieu de se cacher dans un abri, ils étaient confortablement installés dans une maison, en toute sécurité. C'était un geste à la fois magnifique, amusant et surtout absurde. Tandis que la guerre se prolongeait, plusieurs familles ont participé à cette initiative "d'hospitalité", ce qui a suscité des rencontres inattendues entre des gens issus de milieux très différents. À l'époque, mon père était sans domicile fixe (mais pas comme les SDF qui vivent dans la rue, pour autant que je sache). Sa deuxième ex-femme lui avait envoyé leur fille avec laquelle elle ne s'entendait pas bien. Et du coup, mon père et sa fille - ma demi-sœur - se sont retrouvés à traîner dans des endroits bizarres, et ils se sont bien marrés. Je lui ai suggéré de faire comme Esther, de Kiryat Shmona, et de trouver une famille d'accueil en invoquant la guerre. Il a ri et ne m'a pas prise au sérieux. Mais j'ai décidé d'en faire un film.

 

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Comment s'est passée l'écriture avec Dana Dimant ?

 

Je connais Dana depuis l'adolescence parce qu'elle a fait du baby-sitting pour mon petit frère : je l'admirais car c'était une véritable anticonformiste, qu'elle était extrêmement intelligente, qu'elle écrivait de magnifiques poèmes et nouvelles, et qu'elle avait un regard sur la vie qui n'appartenait qu'à elle. Au fil des années, on s'est un peu perdues de vue. Et puis, quelque temps après avoir terminé mes études de cinéma, j'ai eu l'idée de ce film qui m'a emballée. J'ai commencé à jeter sur le papier des réflexions, des scènes, des situations et des personnages - toutes sortes de choses qui gravitaient autour de l'idée de départ mais dont je n'arrivais pas à tirer un scénario en raison de l'ampleur du projet. C'est alors que je me suis dit que le mieux serait d'écrire à deux et j'ai immédiatement pensé à elle, même si elle n'évolue pas du tout dans le milieu du cinéma - ou peut-être pour cette raison-là justement… Elle est futée, très cinéphile, et elle nous connaît très bien, moi et ma famille. Je lui ai raconté le projet et je lui ai fait lire toutes mes notes : cela lui a beaucoup plu et on s'est mises au boulot !C'était une formidable méthode de travail : on se voyait une fois par semaine - le plus souvent chez elle lorsque sa fille était à la maternelle - pendant deux ou trois heures au cours desquelles on parlait et on abordait toutes sortes de sujets autour du film, comme le rôle des parents, les unions libres, la sexualité chez les jeunes, la situation politique, la séparation, l'angoisse etc. Après ces réunions, on se fixait du travail à faire chacune de son côté, comme l'écriture de certaines scènes liées à notre conversation, et la fois suivante, on comparait ces scènes, on les réécrivait ensemble, et on repartait dans des discussions infinies… Cela a duré près d'un an. Au bout d'un moment, j'ai continué à travailler seule avec l'aide de mon mari, Gur, qui tient le rôle principal, et de mes producteurs. Comment pourriez-vous décrire le personnage de Shaul ? Pour moi, c'est un type bien intentionné, mais qui a beaucoup de mal à décrypter l'attitude des personnes de son entourage ou leurs sentiments, et cette limite propre à sa personnalité a des répercussions dans chacune des sphères de sa vie : amoureuse, professionnelle et, désormais, paternelle. Dans le même temps, il est totalement désorganisé et il vit dans sa bulle, sans conscience du temps et des échéances, si bien qu'il doit souvent réparer ses conneries. On pourrait dire de lui que c'est un libre penseur dans une optique romantique des choses, mais c'est surtout un homme perdu qui n'a pas conscience de ses propres dysfonctionnements.

 

C'est aussi une sorte d'inventeur…

 

Je voulais faire de lui un inventeur parce qu'il me semble évident qu'il est une sorte de marginal, incapable de conserver un boulot fixe et de faire partie d'un système rationnel, mais que, dans le même temps, c'est un type créatif et capable d'inventer des trucs. Ce n'est pas un bon à rien qui préfère dormir la plupart du temps : pour inventer des objets, il faut se lever le matin et se fixer des objectifs car personne n'est là pour le faire à sa place. Ce qui correspond, d'une certaine façon, à mon métier de metteur en scène.

 

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Libby est-elle heureuse de retrouver son père ?

 

Libby a hâte de le retrouver et elle espère vivre une vie meilleure avec lui, dans un nouveau pays, et pouvoir ainsi prendre un nouveau départ. Elle n'est pas naïve : elle sait qu'il a été absent pendant des années, mais elle estime que ce sont les circonstances qui les ont éloignés l'un de l'autre, et non pas qu'il l'a abandonnée exprès. Du coup, même si elle a entendu suffisamment de propos méprisants sur son père pour ne pas trop se faire d'illusions, elle est résolue à lui donner sa chance. Comme tout ce qu'on lui a raconté sur lui vient de sa mère égocentrique et de son petit copain, et qu'elle ne leur fait pas franchement confiance, elle veut se faire sa propre idée de son père. Vers la fin du film, Libby prend conscience qu'elle ne peut compter que sur elle-même, ce qui nous arrive à tous à un moment donné de notre vie. De son côté, Shaul est obligé de regarder la réalité en face et de comprendre ce que cela signifie que d'être responsable de quelqu'un d'autre que de soi-même.

 

 

Pensez-vous que Shaul ne cherche qu'à profiter de la situation en voulant se faire héberger par une famille aisée de Jérusalem ?

 

Je ne crois pas que Shaul soit assez machiavélique ou stratège pour échafauder des plans de ce genre. C'est un opportuniste qui saisit les occasions quand elles se présentent et qui tente alors d'en tirer parti. Il est ravi d'être tombé sur une famille aisée de Jérusalem car cela l'arrange pour son projet, mais s'il était tombé sur une mère célibataire de Tel-Aviv d'un milieu moins favorisé, il aurait tout aussi bien su y trouver son compte. Il est comme ça.

 

Au départ, Libby n'a pas l'air d'apprécier ses jeux de rôle, mais elle y prend goût progressivement…

 

Quand j'observe ma fille et ses copains, je me rends compte que la plupart des jeunes aiment les jeux de rôle, surtout quand il s'agit d'enfreindre les règles. Les ados en sont friands, et même si on leur a appris que c'était mal de mentir, lorsqu'un adulte les entraîne sur ce chemin, ils s'empressent de le suivre !Et puis, Libby est la fille d'un père infantile et, à cet égard, elle est bien la fille de son père…

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Quel est votre regard sur la famille Reichman ?

 

Ce sont des gens normaux, plutôt aisés, qui ont l'habitude de dîner ensemble et qui se sentent en sécurité, même s'il leur manque quelque chose d'essentiel. Ils ont, en un sens, renoncé au bonheur d'être ensemble et à une atmosphère chaleureuse. Ce qui m'intéressait, c'était d'explorer une situation où un père et sa fille, formant une famille dysfonctionnelle, se retrouvent dans un foyer apaisé et sécurisant, dont les habitants sont tellement protégés qu'ils en sont devenus blasés. Car même s'ils ont un toit au-dessus de leur tête, ce foyer peut aussi être vu comme une prison. Ein Carem, le ravissant village où ils habitent, se situe tout près de Jérusalem. C'est un site très touristique car on y trouve plusieurs lieux saints, des églises et des fontaines. La population, très variée, se compose à la fois d'artistes, de personnes très pratiquantes, de familles fortunées et de hippies des temps modernes.

 

Pensez-vous que Gideon s'intéresse vraiment à l'invention de Shaul ?

 

Il y croit, même s'il a quelques réserves. Il n'a pas grand-chose à perdre en faisant jouer ses contacts et, de toute façon, la somme d'argent qu'il investit ne représente presque rien pour lui. Par ailleurs, il aime se sentir en position de mécène qui vient en aide aux gens modestes.

 

OFF WHITE LIES évoque parfois des road-movies comme PARIS, TEXAS…

 

Oui, je crois que PARIS, TEXAS m'a inspirée de manière indirecte, tout comme, rétrospectivement, LA BARBE À PAPA de Peter Bogdanovich et ALICE DANS LES VILLES de Wim Wenders. Au départ, j'avais imaginé un père et sa fille qui se baladaient dans une vieille voiture, et c'est alors que des images de PARIS, TEXAS me sont revenues en tête et j'imagine que cela m'a encouragée à créer cet univers magique.

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Quels ont été vos partis pris de mise en scène ?

 

Avec mon chef-opérateur, nous avons beaucoup discuté de la gamme chromatique et nous avons même envisagé de tourner le film en noir et blanc pendant un moment, afin J'ai fait appel à des professionnels et à des non professionnels. L'interprète de Shaul est Gur Bentwich, qui est également réalisateur (il joue dans ses propres films) et mon compagnon dans la vie (en d'autres termes mon mari, bien qu'on ne se soit jamais mariés), et c'est donc un acteur non professionnel, même s'il a le métier de comédien dans le sang. Le couple Reichman est interprété par deux très bons comédiens et leur fils est trompettiste dans la vie. Orly, qu'on aperçoit au balcon, est non professionnelle (c'est aussi la maman de Libby dans la vie). Quant à Elya, qui incarne Libby, c'est une adolescente qui n'avait jamais joué le moindre rôle jusque-là, si ce n'est dans les courts métrages avant-gardistes que son grand frère a tournés au lycée.

 

Comment les avez-vous dirigés ?

 

Je n'avais aucune idée préconçue quant à la direction d'acteur. Du coup, quand nous avons commencé à faire des lectures et à travailler sur le scénario, nous avons, en quelque sorte, défini les personnages ensemble, avec les comédiens. Je les écoutais dire leur texte et lorsqu'une phrase n'avait aucun sens ou ne sonnait pas juste, on s'arrêtait pour comprendre ce qui ne fonctionnait pas. La plupart du temps, pendant les répétitions et parfois même sur le plateau, on modifiait le texte et on le retravaillait jusqu'à ce qu'il nous semble naturel. Pendant les répétitions, on improvisait beaucoup sur telle ou telle scène jusqu'à ce qu'elle nous semble juste, et puis on l'écrivait, pour être certain de ne pas l'oublier.

 

Quelles musiques avez-vous utilisées ?

 

Il y a à la fois de la musique originale composée spécialement pour le film et des chansons que j'aime et dont je sentais qu'elles s'accorderaient bien aux images et à l'histoire. Comme, par exemple, un titre de Robert Wyatt, un de mes musiciens préférés. J'aime mêler les styles et les instruments, un peu à l'image du film. Je trouve que le métissage des genres crée un style à part entière.

 

Quel accueil le film a-t-il reçu en Israël ?

 

Même s'il est difficile pour moi de rester objective, je pense que pas mal de spectateurs se sont retrouvés dans certains personnages. Par exemple, je sais que plusieurs pères divorcés ont été émus, que les ados ont été intrigués, et que d'autres y ont vu une comédie, ce qui m'a surprise car ce n'était pas dans mes intentions.

 

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Biographie:

 

Née en 1979, Maya Kenig a étudié à la prestigieuse école de cinéma Sam Spiegel Film School et à la London Film school. Son court métrage Top of the World et le documentaire Ma mère ont été sélectionnés dans des festivals internationaux et diffusés sur les chaînes israéliennes et européennes. Depuis son diplôme, elle a réalisé In utero (36min, fiction - Prix du meilleur court métrage au "Kin" Women's international Film Festival) et Underwater - behind the scenes of Jellyfish (making of de "Méduses" d’Edgar Keret, Caméra d’Or 2007). Elle travaille également comme monteuse : Around trip - Prix du meilleur court-métrage - Jerusalem IFF, Freeland - prix pour du meilleur film JFF. Off White Lies est son premier long métrage.

 

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« Off White Lies », un film de Maya Kenig, avec Gurt Bentvich, Elya Inbar, Tzahi Grad, Arad Yeni, Salit Achi-Miriam. Ce film a été sélectionné aux festivals de Berlin, de Palm Springs et de Pusan ainsi qu’au Festival du Cinéma Israélien de Paris 2012. Son comédien principal, Gur Bentwich, a obtenu le prix du Meilleur Acteur lors du Festival de Jérusalem 2011. . Sortie en France le 12 juin 2013.

 

Par Sandrine Bendavid.

 

 

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09 octobre 2012

HA KOL MATHIL BAYAM, un film de Eitan Green (2009)


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Synopsis :

 

Trois épisodes une seule histoire. « Ha kol Mathil Bayam », sous-titré « Trois scènes sur l’enfance et la mort », raconte les bonheurs et les malheurs des Goldstein, une petite famille israélienne aux prises avec les expériences de l'amitié, de l'amour, due sexe et de la mort. Les aventures qu’ils vont vivre vont bouleverser l’équilibre de cette famille, tantôt en essayant d’y introduire de nouveaux éléments, tantôt en tentant de la décomposer. Ainsi ce père, cette mère et leur enfant vont-ils réaliser le bonheur qu’ils ont d’être unis.

 

 

 

 

Le premier épisode se déroule au bord de la mer. Le second dans le Parc national d’Ashkelon, parmi les statues antiques, des arbres, et les fortifications en pierre de grande taille. Le troisième épisode a lieu dans le nouveau domicile de la famille Goldstein, qui a déménagé en prévision de la naissance d'une petite fille. Chacune de ces situations est pleine de dangers et de drames qui, pris tous ensemble, unissent les trois membres de la famille plus fortement et plus profondément que jamais.

 

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C’est l’histoire du destin qui joue ses tours, parfois léger et drôle, parfois menaçant et sévère. Les Golstein, confrontés à cette inconstance arbitraire que personne ne peut comprendre, n’ont rien d’autre que les liens qui les unissent pour se défendre.

 

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Réalisation :

 

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« J'ai failli mourir plusieurs fois pendant mon enfance. Comme n'importe quel autre enfant. En tant qu'adulte, j'ai eu d'autres rencontres avec la mort. Des face-à-face, ainsi que d'autres plus éloignés. J’ai distillé ces évènements dans ces trois épisodes, dans l'histoire de ces « mère, père et enfant », si étroitement unis. Qui, lorsqu’ils essaient d'élargir leur cercle étroit, aboutissent à un échec. Aucun d'entre nous n’est né parent. Nos enfants nous apprennent à être des parents. Ils nous regardent avec de l’étonnement, de la joie, de la honte et, parfois aussi, de la tristesse. Le regard d'un enfant sur ce monde qui lui a été imposé, le monde des adultes: de ses parents et de leurs relations à leurs voisins, à leurs amis et à leurs propres parents, est quelque chose qui m’intéresse particulièrement. Ce sont ces regards, ceux de ma propre enfance que je tente de récapituler pour le spectateur à travers mon film.

 

 

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À une distance rétrospective, les choses semblent beaucoup moins arbitraires que lorsqu'elles sont vécues successivement. Lorsque notre histoires est mises sur papier ou transmise à l'écran, le lien commun qui associe ces choses se fait jour et prend tout son sens. Le sort de l'individu et le destin de sa famille sont inextricablement liés. La famille est une unité primordiale, qui combine les exigences de la société avec la volonté de l'individu, ses espoirs et ses craintes. Le destin peut frapper une famille comme une boule de billard frappe des quilles, provoquant de la douleur ou de la joie, rebondissant du père à la mère à l'enfant. Au sein d'une même famille, l'affect est extrêmement contagieux. Il se transmet d'un membre de la famille à l'autre, ne contenant plus déjà que seulement lui-même, mais toutes les réactions des autres. «Nous vivons comme nous rêvons - seuls ...», écrivait Joseph Conrad dans « Heart of Darkness ». Je pense personnellement que  nous vivons avec nos parents et avec nos enfants. Pour toujours. »

 

 

 

 

 

 

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Biographie:

 

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Parmi les fondateurs du cinéma et de la télévision israélienne, Eitan Green est un scénariste et réalisateur très prolifique et très. Son travail de critique de cinéma, de maître de conférences, ses ouvrages ainsi que ses nombreux investissements dans l'industrie du film font de lui l’un des maîtres de l'Académie israélienne du septième art. Il est Professeur et Chef du Département d'écriture cinématographique à l'Université de Tel Aviv. Sa filmographie comprend, entre autres - «Lena» (1980) ; « Ad Sof Halaylah»(1984), Sélection officielle au Festival de Cannes ; « Ezrah Amerikai»(1992) ; « Zolgot Hadma'ot Me'atzman» (1996); « Henry's Dream» (2004) Bangkok.

 

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« Ha kol Mathil Bayam », un film de Eitan Green, avec Yuval Segal, Dorit Lev-Ari, Jonathan Alster, Ron Jaegermann et Tzahi Grad. REMI Award de l’excellence au festival international du film indépendant de Houston (avril 2009). Nominé au European Film Academy Award (décembre 2009). Sortie en Israël le 18 decembre 2009.

 

 

 

 

 

par Sandrine Bendavid.

 

 

21 avril 2010

Un israélien à Cannes, par Sandrine Bendavid

La croisette boude le cinéma israélien cette année, à l’exception du « Meshotet (Vagabond) » d’Avishai Sivan, qui sera présenté en compétition de la Quinzaine des Réalisateurs, dont la sélection officielle a été révélée mardi 20 avril 2010.

Le jeune et très prometteur réalisateur israélien dont c’est le premier long-métrage est un artiste avant d’être un cinéaste. Dessinateur et photographe, ses expositions ont été présentées dans de nombreux musées en Israël et en Europe. Son court-métrage expérimental « A Soap Opera of a Frozen Filmmaker» a remporté le prix du meilleur film expérimental au festival international du film de Jérusalem en 2007.

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« Ha Meshotet », tourné en 2009, est caractéristique d’une nouvelle phase du questionnement cinématographique israélien qui a débuté en 2008, avec des films comme « Bruria » d’Avraham Kushnir, puis l’année dernière avec « Eyes Wide Open » (Le Certain Regard, Cannes 2009), et qui s’intéresse au milieu religieux séculaire ultra-orthodoxe en Israël.

Au-delà de cette thématique nouvelle et originale qui se détourne de l’identité patriotique, si unanimement controversée, pour investir courageusement la question du judaïsme, il suffit, sans connaître l’artiste, de visiter le site officiel d’Avishai Sivan pour comprendre que nous aurons à faire à une esthétique « monstrueuse ». Un sujet antique pour un cinéaste ultramoderne. Appétissant…

L’histoire :

Isaac, un jeune étudiant de vingt ans dans une Yeshiva orthodoxe, enfant unique piégé dans une famille dysfonctionnelle et dans un corps défaillant, se réfugie dans l'errance. Se promenant dans les ruelles de la ville, il va découvrir que ses seuls amis sont sa voix intérieures et ses deux jambes, qui le mènent de synagogues en salles d’urgences, de rues désertes en créatures mystérieuses, jusqu’au petit matin. Affaibli par une maladie dégénérative et désespéré par le poids de ses doutes spirituels, Isaac cherche à fuir en même temps qu’il cherche la reconnaissance de tout ce qui l’entoure, en vain. Frustré par la précarité de son milieu, humilié par son entourage, le jeune homme révolté va même jusqu’à rejeter la seule personne qui réussissait à le rendre un peu moins seul, pour un mariage arrangé qui pourrait le sortir de la misère. Mais cet espoir lui aussi part en fumée, et l'éruption de violence finale ne se fera pas attendre…

« Ha Meshotet », un film d’Avishai Sivan (2009), sélection officielle de la Quinzaine des Réalisateurs, Cannes 2010.

Photo : D.R.

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02 janvier 2010

HA BODEDIM, de Renen Schorr (2009)

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Synopsis :

Deux « hayalim Bodedim », deux solitaires. Deux étrangers marginaux et rejetés, immigrants russes sans familles ni amis. Accusés, pour comble de leur malheur, de trahison, d’avoir volé des armes pour les vendre à des terroristes, Ils ont plaidé non coupable et exigé un nouveau procès pour prouver leur innocence. Personne n’a tenu compte de leurs requêtes.

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Et pourtant, Glory (Sasha Agronov) et Sasha (Anton Ostrovski-Klin), ces deux soldats « Golanim », détenus dans une sinistre prison militaire, vont résister à l'humiliation. Considérés comme des traîtres, ils sont maltraités par leurs deux compagnons de cellule et par les geôliers.

Après avoir perdu leurs droits fondamentaux à la liberté et la dignité, ils n’ont plus rien à perdre. Glory va encourager son ami à se rebeller, à s'opposer à la violence des gardes et à l’indifférence des institutions qui leurs ont tourné le dos et ont empêché que  leurs voix soient entendues.

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Pendant les 36 heures de leur mutinerie, les deux soldats vont devenir l’ennemi public numéro un. Des unités militaires et anti-terroristes d’élite vont investir, par dizaines, la prison pour tenter de mettre fin rapidement au soulèvement. Dans cette bataille fraternelle d’israéliens contre des israéliens, mais aussi de l’individu contre le système, les limites vont être mises à l’épreuve...

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Le nouveau long métrage de Renen Schorr (SUMMERTIME BLUES), qui revient sur les écrans après vingt ans de silence, raconte l'aventure violente de deux individus qui se sont levés contre un système. Le film expose les facettes cachées de ces jeunes immigrés qui ne souhaitent qu’une chose, devenir de véritables israéliens. HA BODEDIM (Les Solitaires) est inspiré d'événements réels qui ont eu lieu dans une prison militaire, dans le nord d'Israël, en 1997. Le film a été tourné en hébreu et en russe. C’est avant tout une histoire de fidélité et d'amitié.

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HA BODEDIM est inscrit ans la tradition de la thématique cinématographique du milieu carcéral et militaire, et le fait de connaître par avance l’issue de la narration n'enlève rien au suspense ni au plaisir du film. Mais dans sa représentation sensible des protagonistes et des subtilités de leur relation, le film soulève des questions qui le conduisent au-delà-même du genre.

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Dans le contexte solide d'un récit d'actions, les problèmes de différences culturelles et d'identité sont abordés. Quelle est l'expérience d'un jeune homme, issu d'une autre culture, qui se retrouve plongé dans le monde si particulier de l'armée israélienne, avec son propre argot, sa propre structure et des codes de comportement inintelligibles pour un étranger?

 

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Quelle est la responsabilité du système à l'égard de ces soldats, qui doivent fonctionner dans une langue et une culture ne leur appartiennent pas, sans le soutien de leurs familles? Contrairement aux autres soldats, ils n'ont aucun repos, aucun foyer où se réfugier pour fuir la pression imvivable de l’armée.

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Quelles sont les bonnes définitions de la loyauté et l'honnêteté, qu'est-ce que cela signifie d'être «un bon soldat?" Est-ce une question de précision de tir? Est-ce une question de compétitivité? Et qu'est-ce que cela signifie d'être un bon ami, une bonne personne? Quelles aient été ou non à la base dans l’intention de Renen Schorr au moment du tournage, ces questions, lourdes de sens à une époque où Tsahal se remet en question et peine à motiver les vocations, taraudent l’esprit pendant et après le film.

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HA BODEDIM était l'un des six longs métrages en compétition pour le Wolgin Award, au Festival du film de Jérusalem, en juillet 2009 dernier.

 

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HA BODEDIM, un film de Renen Schorr, avec Sasha Agronov et Anton Ostrovski-Klin. Sortie sur les écrans israéliens le 7 janvier 2010.

Par Sandrine Ben David

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19 décembre 2009

INFILTRATION, de Dover Kosashvili (2010)

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Six ans après son dernier long métrage,le réalisateur émérite de MARIAGE TARDIF (HATUNAH MEUHERET, 2001, avec Lior Ashkenazi et Ronit Elkabetz) et de CADEAU DU CIEL (MATANA MISHAMAYIM, 2003) tourne en ce moment dans le paysage pastoral du plateau de Latroun, près de Jérusalem, une adaptation du roman de Yeoshua Kenaz écrit en 1986, INFILTRATION (HITGANVUT YEHIDIM), produit par Marek Rosenbaum et avec dans les rôles principaux l’acteur britannique Oz Zahavi (qui a joué dans la série télévisée The Island), Guy Adlar, Rona Lee Shim'on, Liel Dnir, Michael Aloni Michaela Eshet, Keren Berger et Idit Tepperson.

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Synopsis :

 

Ils s'appellent Micky, Zaki, Double-Zéro, Alon, Miha l'Idiot, Avner, Peretz-crise-de-nerfs. Ils ont dix-huit ans. Ils sont aussi divers que les composantes de la diaspora juive. Venus des quartiers riches de Jérusalem, des bidonvilles ou des kibboutzim, aux origines ethniques disparates, certains préfèrent le foot, d’autres la philosophie. Rien ne les rapproche et pourtant ils vont vivre ensemble et découvrir leurs rêves et leurs frayeurs les plus intimes, les plus inavoués. Déshabillés, rasés, rhabillés, ils sont les jeunes recrues de l'armée israélienne. Pendant trois mois de l'été 1955, dans une base isolée du désert du Néguev, ils vont être formés pour accomplir l'activité la plus ancienne et la plus redoutable du genre humain : la guerre. Commence alors leur insertion rythmée par les ordres, la fatigue, les rituels. Malgré l'horreur de la " vindicte militaire ", des vexations, des blessures physiques et morales, il s'agit de montrer également comment tout cimente le sentiment national israélien. Sans dérive nationaliste d'ailleurs. Même lorsqu'une des recrues raconte l'histoire du mauvais élève qui profane avec ses excréments la carte d'Israël...

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Réalisation :

 

Dover Kosashvili s’attaque ici à l’une des plus importantes œuvres littéraires écrites durant ces dernières décennies. Le travail massif de ce tournage historique a d’ailleurs pris du retard en raison de plusieurs échecs successifs de tentative de financement su projet, jusqu’à ce que la chaine câblée israélienne Hot reprenne le flambeau. Ce n’est pas la première fois que Yeoshua Kenaz est adapté au cinéma. Amos Gitai s’est inspiré de son roman RETOUR DES AMOURS PERDUES pour le scénario de ALILA. INFILTRATION est voulu par Dover Kosashvili comme une production d e grande envergure. C’est la raison pour laquelle le réalisateur israélien a souhaité un casting international. Yeoshua Kenaz a souhaité laisser une liberté totale au cinéaste et à son traitement su roman.

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«Il est impossible d’être fidèle à l'histoire originale quand il s'agit d’un roman de 600 pages », explique Marek Rosenbaum. « Nous aurions dû faire série télévisée de 130 épisodes pour contenir tout les éléments du livre ». Selon Dover Kosashvili: «il ne s’agit pas pour autant d’une  adaptation sauvage du roman. Presque toutes les scènes du film sont dans le livre, il ya juste des changements mineurs parfois. ».

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INFILTRATION, de Dover Kosashvili, adapté du roman de Yeoshua Kenaz, sortie prévue en été 2010.

INFILTRATION, deYehoshua Kenaz,Traduit de l'hébreu par Rosie Pinhas-Delpuech, publié aux éditions Stock, 544 pages, 23 euros


par Sandrine Bendavid.

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23 novembre 2009

LE TROISIEME JOUR, de Moshe Ivgy (2010)

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L’acteur israélien Moshe Ivgy, que nous sommes habitués à voir plutôt sur les écrans de cinéma que derrière une caméra, tourne cette année son premier long-métrage, « Le troisième jour », un drame psychologique sur fond du traumatisme national de l'assassinat de Yitzhak Rabin en 1995 à Tel-Aviv. Ce projet a été long à écrire, explique son réalisateur, acteur chevronné, connu comme très perfectionniste, ce qui laisse présager d’un fascinant résultat.

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Carnet de bord :

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Dans une de Tel-Aviv à l’atmosphère hallucinante - à la fois temple de plaisirs et  maudite Sodome et Gomorrhe - les vies de plusieurs protagonistes se croisent. Leurs histoires convergent au cours des 48 heures précédant un tournant dramatique dans la société israélienne. Ilana, une femme au foyer frustrée, est mariée et mère de deux enfants. Elle chante bien mais n’a jamais fait de carrière. Une rencontre fortuite l'amène à tenter de sortir de l'isolement déprimant de sa vie intérieure et de réaliser ses rêves. Shlomi, le mari aimant et frustrant d’Ilana, est un technicien qui travaille dur, et qui va prendre la responsabilité d'élever ses enfants pour préserver sa famille. Shlomi qui aime et désire sa femme, Ilana qui déprime et le rejette.


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Lorraine est une jeune femme qui consacre tout son temps à sa mère mourante. De retour chez elle, elle cède chaque jour à une boulimie dévastatrice. Al’extérieur, au domicile d'autrui ou dans des chambres d'hôtel anonyme, elle remplit les fantasmes sexuels d’étrangers. Lorraine est une femme transparente, qui n’existe que pour satisfaire les besoins et les désirs des autres. Son cœur est enfoui profondément en elle, pour toujours. Nicole est une belle jeune femme d'Ofakim, attiré à Tel-Aviv par les déclarations d'amour de Michel, un touriste américain, qui ne sera finalement pas l’homme de son destin. Seule et perdue, elle erre dans Tel-Aviv à la recherche de l’amour. Sara est inspectrice des impôts, cartésienne et inflexible. Elle lutte contre tous les cas de corruption qu’elle découvre. Malgré les gros requins, elle se bat pour le bien et la justice, sans chercher à se protéger.


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Elisha est le propriétaire jovial, sensible et généreux d'un pub de la ville. Il a un talent particulier pour comprendre les gens, qui est du à ses rencontres constantes avec des personnes momentanément vulnérables. Au début du film, il est faussement accusé d'avoir harcelé sexuellement une femme. La nature violente et envahissante de cette accusation ébranle Elisha. Il fera tout pour prouver son innocence. Gédéon, gestionnaire d'une salle de mariages, est un homme plein de contradictions. à la fois charismatique et plein de retenue, solitaire mais chaleureux. Il est ému par la voixd’ Ilana, mais trop occupé à son propre drame pour comprendre la détresse de la jeune femme…

 

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Le Troisième Jour est une série de perturbations, qui  décrit Israël par-delà ses crises politique, géostratégique et de violence interne. C’est une œuvre à l’apparence vériste qui ne s'attache pas à un genre déterminé. Il dépeint une société réduite à des groupuscules  qui se fondent et se défont en fonction de leurs besoins changeants. L'anarchie est partout, la société est un désert affectif, dans lequel les protagonistes tentent - pas toujours avec succès - de rester en vie. Au-delà de la solitude, la prémonition d'une apocalypse imminente plane sur les différents personnages dans le cours de leur quête du bonheur - ou d’un moment salvateur de consolation. Pris au piège de la vie, ils convergent tous vers le moment de crise qui va changer leur vies…

 

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« Le Troisième Jour », un film de Moshe Ivgy, avec Sharon Alexander, Hila Feldman, Effi Ben-Zur, Icho Avital, Limor Goldstein, Moshe Ivgy . Actuellement en production.

par Sandrine Bendavid.

16 novembre 2009

MABUL, de Guy Nattiv (2009)

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Synopsis :

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La vie n’est pas simple pour le jeune Yoni (Yoav Rotman). Il a presque treize ans, c’est un enfant intelligent mais physiquement imature, qui se bat quotidiennement pour réussir à grandir assez avant la date fatidique de sa Bar-Mitzvah. Il se fait payer pour faire les devoirs des autres enfants à leur place, ce qui lui a permis d’acheter un produit miracle pour se muscler. Naturellement, cette « potion magique » n’a aucun effet. Alors Yoni s’entraine secrètement la nuit, en faisant des étirements avec des poids attachés à ses jambes, et hurle face au vent de toutes ses forces, pour endurcir sa voix fluette qui n’a pas encore muée et à qui il doit le surnom de « Hélium ». Ses camarades de classe, un an plus âgés et vingt centimètres plus hauts que lui, se moquent constamment. Ses parents ne s’adressent plus la parole qu’en le prenant pour intermédiaire. Et, comble de malheur, une semaine avant la cérémonie qui doit faire de lui un adulte, son frère ainé autiste Tomer, qui était interné dans une institution depuis des années, revient vivre à la maison. Ce retour déstabilise totalement ses parents et Yoni se retrouve seul à devoir s’occuper de Tomer. L’adolescent autiste devient vite obsédé par la « paracha » de Noé, que son frère apprend pour sa Bar-Mitzvah, et réinvente, à l’aide d’une vielle barque et d’animaux qu’il trouve dans la nature, l’univers du Déluge (« Mabul », en hébreu). A travers la révélation de vérités douloureuses sur le passé de sa famille dysfonctionnelle, des erreurs du passé et des regrets du présent, Yoni va bel et bien devenir un homme, sans que son corps ni sa voix n’aient changé, et il va même réussir, pour l’amour de son grand frère, à recréer la fantasmagorie biblique du Déluge…

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Réalisation :

 

Guy Nativ est diplomé de la célèbre école de cinéma israélienne « Camera Obscura ». Il a écrit et réalisé des publicités pour la télévision et des vidéo-clips. Il a réalisé, en 2001, le court-métrage du même nom qui à inspiré « Mabul », et a remporté grâce à lui lui le prix de meilleur film court de la Berlinale 2002. Le cinéaste explore plus avant, avec cette version longue, toutes les caractéristiques qui ont fait le succès de son court-métrage : le drame de l’enfant, la relation fraternelle et les infirmités de la parentalité. « Mabul » n’est pas une œuvre sentimentale mais il émeut. Il est à la fois typiquement israélien et complètement universel. Une sorte de « Little Miss Sunshine », made in Tel-Aviv.

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« Mabul », un film de Guy Nattiv (2009), avec Ronit Elkabetz, Zachi Grad, Yoav Rotman et Michael Moshonov dans les rôles principaux.

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par Sandrine Bendavid.

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LEBANON, de Samuel Maoz (2009)

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Synopsis :

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« Je venais d'avoir 19 ans en mai 1982. C’était un mois avant la première guerre du Liban. La vie était belle. J'étais amoureux. Et puis, un jour, on m'a demandé de partir sur une base militaire et d'être le tireur du premier tank à traverser la frontière libanaise. Un tank envoyé seul, en reconnaissance, dans une ville ennemie qui avait déjà été bombardée par l'aviation israélienne. Nous étions quatre garçons de 20 ans (Shmulik le tireur (Yoav Donat), Assi le commandant (Itay Tiran), Herzl le chargeur (Oshri Cohen) et Yigal le conducteur (Michael Moshonov), dans le film). Nous n’étions pas des guerriers. Nous devions obéir aux ordres. Cela devait être une mission toute simple. Ce fut l’enfer. Je n'avais jamais tué quelqu'un avant cette terrible journée, durant laquelle je suis devenu une véritable machine meurtrière. Quelque chose est mort en moi là-bas. Sortir ce tank de ma tête m'a pris plus de 20 ans. C'est mon histoire que je raconte dans ce film… »

 

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« Lebanon » est un premier film autobiographique qui montre l'enfer de la guerre depuis l'intérieur d'un char militaire. L’histoire de quatre gosses qui n’avaient jamais été confrontés à aucune violence de toute leur vie et qui, pour survivre dans le monde mort où ils ont pénétré, engagent un combat impossible entre leur instinct de vie et leur humùanité.

 

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Note d’intention :

 

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Lorsque, vingt ans après les faits, j’ai commencé l’écriture du scénario de « Lebanon », l’odeur de la chair humain carbonisée est revenue à mes narines et je savais que cette odeur terrible allait me ramener vers des expériences plus terribles encore que j’avais enfouies profondément dans ma mémoire. Après des années de trauma passif ponctué par de violentes attaques d’angoisse, j’avais appris à vivre dans le déni total de ce qui s’était passé. Cinq années de combat acharné avec moi-même, au travers de l’écriture, m’ont progressivement permis de faire renaitre ces souvenirs atroces et à guérir le traumatisme. J’ai écrit ce film avec mes tripes, sans passer par l’intellect. Les conventions de l’écriture cinématographique, la structure dramatique du film, le fondement des personnages, rien de tout cela ne m’a intéressé. Ce qui importait, c’était la blessure émotionnelle, ouverte et ensanglantée, d’une âme violentée par la guerre. C’est un cinéma expérimental, où le spectateur vit l’expérience en même temps que les personnages, sans qu’aucune information supplémentaire ne lui soit donnée, sans autre point de vue que le leur, sans aucune distance. Il est enfermé avec eux à l’intérieur de ce tank, sans aucun moyen d’en sortir…

 

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Samuel Maoz filme depuis l’âge de 13 ans. Il est diplômé de cinéma à l’académie israélienne des Arts Beit Zvi. Il a remporté le Lion d'or avec «Lebanon» à la 66ème Mostra de cinéma de Venise, en 2009. «Merci pour ce bonheur !» s'est-il exclamé. «Je dédie ce prix aux milliers de personnes à travers le monde qui comme moi sont retournées de la guerre saines et sauves. Apparemment, elles vont bien, elles sont mariées, elles ont des enfants, mais, à l'intérieur, elles ont dû apprendre à vivre avec leur douleur».

 

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« Lebanon », un film de Shmuel Maoz, avec Yoav Donat, Itay Tiran, Oshri Cohen, Michael Moshonov et Zohar Strauss (Jamil) dans les rôles principaux. Sorti en Israël depuis le 15 octobre 2009.

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par Sandrine Bendavid.

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08 novembre 2009

KIROT, de Danny Lerner (2009)

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Synopsis :

 

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Dans un vieil immeuble d’un quartier pauvre au sud de Tel-Aviv, deux jeunes femmes qui ne se connaissent pas habitent deux appartements voisins. Galia (interprétée par l’ex « James Bond girl » Olga Kurylenko) est une immigrante illégale, enrôlée contre sa volonté dans le milieu criminel, comme prostituée puis comme tueuse à gage. Aux prises avec le parrain de la mafia locale, impliqué dans le trafic de jeunes femmes, Galia n’a qu’un seul rêve, celui de retrouver sa fille et de retourner vivre en Russie.


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Sa jeune voisine, Elinor (la célèbre actrice et première victoire de la Starac’ israélienne Ninet Tayeb), est caissière dans une supérette du quartier. Elle est battue par un mari abusif (superbement interprété par Zohar Strauss, prix du meilleur acteur aux oscars israéliens 2009) et souffre en silence, rêvant de gagner une grosse somme d’argent et de prendre la fuite. Les deux étrangères partagent donc, en même temps que les murs qui les entourent, la nécessité de mettre en œuvre un plan d’évasion. Une amitié profonde va s’établir progressivement entre ces deux femmes que tout oppose. Alors que Galia refuse un contrat qui l’oblige à tuer une autre femme, Elinor se rend compte qu’elle enceinte, et les deux amies décident d’agir ensemble pour leur survie et leur liberté…

 

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Réalisation :

 

Le mot hébreu « Kirot » veut dire « murs » et ce terme nous informe sur le sens du film. Danny Lerner, comme dans son premier film « Frozen Days », primé en 2005, propose une perspective nouvelle sur le milieu urbain de Tel-Aviv. Le sud pauvre de la « ville blanche » est en totale contradiction avec l’image Bahaus, moderne et léchée de la métropole israélienne. Il n’y a ici ni air, ni lumière, ni espace. Le réalisateur utilise cet enferment pour exacerber la complexité psychologique de ses personnages-archétypes, et pour explorer la réalité socio-ethnologique d’Israël.

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« Kirot », un film de Danny Lerner (2009), avec Olga Kurylenko, Ninet Tayeb, Zohar Strauss et Henri David dans les rôles principaux. Sortie israélienne le 3 décembre 2009.

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Sandrine Ben David

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