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Synopsis :

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« Je venais d'avoir 19 ans en mai 1982. C’était un mois avant la première guerre du Liban. La vie était belle. J'étais amoureux. Et puis, un jour, on m'a demandé de partir sur une base militaire et d'être le tireur du premier tank à traverser la frontière libanaise. Un tank envoyé seul, en reconnaissance, dans une ville ennemie qui avait déjà été bombardée par l'aviation israélienne. Nous étions quatre garçons de 20 ans (Shmulik le tireur (Yoav Donat), Assi le commandant (Itay Tiran), Herzl le chargeur (Oshri Cohen) et Yigal le conducteur (Michael Moshonov), dans le film). Nous n’étions pas des guerriers. Nous devions obéir aux ordres. Cela devait être une mission toute simple. Ce fut l’enfer. Je n'avais jamais tué quelqu'un avant cette terrible journée, durant laquelle je suis devenu une véritable machine meurtrière. Quelque chose est mort en moi là-bas. Sortir ce tank de ma tête m'a pris plus de 20 ans. C'est mon histoire que je raconte dans ce film… »

 

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« Lebanon » est un premier film autobiographique qui montre l'enfer de la guerre depuis l'intérieur d'un char militaire. L’histoire de quatre gosses qui n’avaient jamais été confrontés à aucune violence de toute leur vie et qui, pour survivre dans le monde mort où ils ont pénétré, engagent un combat impossible entre leur instinct de vie et leur humùanité.

 

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Note d’intention :

 

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Lorsque, vingt ans après les faits, j’ai commencé l’écriture du scénario de « Lebanon », l’odeur de la chair humain carbonisée est revenue à mes narines et je savais que cette odeur terrible allait me ramener vers des expériences plus terribles encore que j’avais enfouies profondément dans ma mémoire. Après des années de trauma passif ponctué par de violentes attaques d’angoisse, j’avais appris à vivre dans le déni total de ce qui s’était passé. Cinq années de combat acharné avec moi-même, au travers de l’écriture, m’ont progressivement permis de faire renaitre ces souvenirs atroces et à guérir le traumatisme. J’ai écrit ce film avec mes tripes, sans passer par l’intellect. Les conventions de l’écriture cinématographique, la structure dramatique du film, le fondement des personnages, rien de tout cela ne m’a intéressé. Ce qui importait, c’était la blessure émotionnelle, ouverte et ensanglantée, d’une âme violentée par la guerre. C’est un cinéma expérimental, où le spectateur vit l’expérience en même temps que les personnages, sans qu’aucune information supplémentaire ne lui soit donnée, sans autre point de vue que le leur, sans aucune distance. Il est enfermé avec eux à l’intérieur de ce tank, sans aucun moyen d’en sortir…

 

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Samuel Maoz filme depuis l’âge de 13 ans. Il est diplômé de cinéma à l’académie israélienne des Arts Beit Zvi. Il a remporté le Lion d'or avec «Lebanon» à la 66ème Mostra de cinéma de Venise, en 2009. «Merci pour ce bonheur !» s'est-il exclamé. «Je dédie ce prix aux milliers de personnes à travers le monde qui comme moi sont retournées de la guerre saines et sauves. Apparemment, elles vont bien, elles sont mariées, elles ont des enfants, mais, à l'intérieur, elles ont dû apprendre à vivre avec leur douleur».

 

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« Lebanon », un film de Shmuel Maoz, avec Yoav Donat, Itay Tiran, Oshri Cohen, Michael Moshonov et Zohar Strauss (Jamil) dans les rôles principaux. Sorti en Israël depuis le 15 octobre 2009.

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par Sandrine Bendavid.